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Table ronde : violences sexistes et sexuelles dans le sport


Très belle affluence mardi soir pour notre table ronde consacrée aux violences sexistes et sexuelles dans le sport.


Le plateau, composé de deux journalistes, deux chercheuses et deux athlètes, a permis de croiser production de connaissances et expériences de terrain.


Mejdaline Mhiri, revenant sur son ouvrage La Zone d’impunité, a rappelé combien les rédactions sportives contribuent à invisibiliser les violences faites aux femmes. En considérant que tout ce qui n’est pas lié à la performance ne doit pas “perturber” l’actualité sportive, elles participent à un choix implicite : celui de faire taire et de marginaliser les victimes. En se focalisant sur plusieurs affaires impliquant des athlètes populaires, elle met en lumière un traitement médiatique souvent favorable à ces derniers, nourri par leur notoriété et l'admiration, participant à la reproduction d’un ordre sportif peu propice à se saisir des enjeux sociaux et politiques dans leur ensemble.



Cette dimension systémique a traversé l’ensemble des échanges.



Elle a d’abord été éclairée par les interventions des chercheuses. Ludivine Richefeu a mis en évidence les limites du cadre juridique, notamment face à des situations difficiles à qualifier comme les “comportements déplacés” ou les relations d’emprise entre entraîneurs et jeunes athlètes.


De son côté, Siyao Lin a montré comment certaines œuvres de fiction, notamment avant le mouvement MeToo, ont contribué à romantiser les violences subies par des sportives.






Si les représentations évoluent, les réalités de terrain, elles, restent encore à transformer.


Les témoignages de Marine Fatoumata Camara et Charline Van Snick ont permis d’ancrer ces réflexions dans des vécus concrets.


La première a évoqué les difficultés rencontrées après les Jeux olympiques de Paris, malgré un parcours historique pour le Mali, soulignant le manque d’accompagnement une fois l’objectif sportif atteint.


La seconde a témoigné des conséquences de ses engagements féministes, qui ont pu entraîner des formes de marginalisation dans son parcours (sponsors, structures, encadrement).



Leurs interventions rappellent que, loin des figures médiatisées, de nombreuses sportives évoluent dans des conditions précaires économiquement couplés à des expériences répétées de discriminations et de violences.


En conclusion, Camille Lamblaut a souligné le caractère systémique de ces violences et l’importance de multiplier les points de vue pour mieux les comprendre. Identifier ces mécanismes est une première étape essentielle pour faire évoluer les pratiques et construire des réponses collectives adaptées au monde sportif. 


Autant de pistes qui restent à poursuivre collectivement, et qui se sont déjà prolongées à l’issue de la table ronde, où de nombreuses et nombreux participant·es sont resté·es échanger de manière informelle avec les intervenantes.




Un grand merci à elles cinq pour la richesse des échanges, ainsi qu’à Camille Lamblaut, dont le défi de la maîtrise du temps a été relevé avec brio.

 
 
 

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